JULIAN of NORWICH, a new translation (December 2024)

outside Norwich Cathedral,
completed in 2000 (Wikipedia)
Pendant 7 jours de maladie en mai 1373, à l’âge d’un peu plus de 30 ans, Julian de Norwich reçoit 16 révélations sur la passion du Christ et la Trinité. Il lui faudra ensuite 20 ans pour les retranscrire. En effet, à une première ébauche « courte » succède une autre, « longue », c’est-à-dire celle qui nous est parvenue aujourd’hui et que Marco Bosio traduit avec le titre Rivelazioni dell’Amore (Révélations d’amour). Grâce à cette précieuse édition, nous avons la possibilité d’avoir « en annexe la version en moyen anglais de Serenus de Cressy de 1670 qui reprend l’original écrit par Julian elle-même et qui a été perdu« , comme l’indique la note de l’éditeur Pasquale Chiaro.
Dans sa cellule de quelques mètres carrés adjacente à l’église Saint Julian de la ville de Norwich, alors deuxième derrière Londres en termes de population, Julian mène une vie d’anachorète. Marco Bosio décrit dans l’introduction certains aspects particuliers de sa biographie, parmi lesquels celui-ci : avant son choix de devenir recluse, son éventuel séjour dans l’ordre bénédictin, peut-être par l’intermédiaire de l’abbaye bénédictine de Carrow, dont dépendait l’église de Saint Julian. Marco Bosio fait également allusion à ses possibles origines juives, suivant en cela l’hypothèse proposée par la chercheuse Julia Bolton Holloway.
Avant de souligner quelles sont à mon sens les principales qualités de cette traduction et ne pouvant résumer ici le contenu de ses 16 visions, je vous invite à parcourir brièvement la vie et l’œuvre de Julian dans le portrait qui lui est dédié sur le site https://beguines.info/?page_id=2339
La traduction de Marco Bosio présente des qualités indéniables de clarté et de recherche de conformité au texte initial, au point d’adopter la ponctuation anglaise telle qu’elle est, différente de l’italienne, et de maintenir une écriture volontairement « familière », tout comme dans le style original de Julian. De plus, pour chaque terme pouvant être traduit de différentes manières, Marco Bosio insère une note dans laquelle il explique la raison du choix de ce terme parmi les différents synonymes possibles. Nous percevons sa profonde amitié spirituelle avec Julian, peut-être aussi en raison de leur inclusion dans l’ordre bénédictin dont Marco Bosio est un oblat et dans lequel Julian a eu un possible séjour. « Si je regarde Julian, m’écrit Marco Bosio, je perçois une femme qui a dépassé les limites : à partir de la piété typique pour le Christ et ses souffrances, de l’imitation de ceux-ci, Juliana se retrouve dans quelque chose d’absolument inattendu, qu’elle communique alors de manière directe, immédiate, spontanée, mais, me semble-t-il aussi, de manière très personnelle, individuelle.” Cependant, il n’y a aucune mention d’une éventuelle proximité de Julian avec le mouvement béguinal, ce qui me semblerait plausible.
D’un point de vue littéraire, le livre des Révélations est le plus ancien texte écrit en anglais par une femme. Et du point de vue de la littérature mystique féminine, il est l’un des rares textes de l’époque dans lequel les expériences mystiques ont été écrites directement par la femme qui les vivait.
Pendant le Covid, le mantra « à la fin tout ira bien » s’est imposé, peut-être sans qu’on sache que cette expression “all shall be well” est l’une des pierres angulaires de la théologie de Juliana. Une certitude qui résonne régulièrement dans son travail ainsi que la protection éternelle qui nous est garantie par le Christ, notre Mère. Mais Marco Bosio élargit le sens de ce « tout ira bien » en le ramenant à l’idée d’un ordre universel pour lequel on pourrait plus justement dire « à la fin tout sera à sa juste place ».
Pour obtenir le livre Juliana di Norwich, Rivelazioni dell’amore, introduzione e traduzione di Marco Bosio, Edizione Appunti di Viaggio, Roma, 2024, vous pouvez contacter l’éditeur : laparola@appuntidiviaggio.it – 00 39 06 47825030 ou l’acheter directement dans l’une des librairies online.
Un beau cadeau d’optimisme pour clôturer cette année 2024 si tourmentée et ouvrir 2025 avec une foi accrue.
C’est aussi mon souhait le plus sincère pour vous.
Agnes Blannbekin’s life and visions (2024 November)
« La transcription de l’expérience de la béguine Agnès Blannbekin élargit notre connaissance de ce monde vaste et fascinant des béguines. » Ainsi écrit Luciano Bertazzo dans l’introduction de « Un mistico vedere. Vita et Revelationes della beghina viennese Agnes Blannbekin (+1315) (Voir Mystique. Vita et Revelationes de la béguine viennoise Agnès Blannbekin (+1315)”. Le même auteur a réalisé la traduction en italien des pensées que la béguine Agnès raconta à un « scriptor » identifié uniquement comme Ermenricus, un franciscain du couvent viennois de Santa Croce. Transcripteur ou peut-être même son confesseur ? La question reste ouverte. Grâce à cette transcription en latin simple nous disposons de 235 passages dans lesquels sont rapportées les visions, les notes et plus généralement les expériences mystiques de la béguine Agnès, décrites par elle en allemand vernaculaire entre 1281 et 1294.
Née dans une famille paysanne de Plumbachek, entre 1240 et 1250, Agnès s’installa à Vienne pour pouvoir recevoir plus souvent l’Eucharistie. Au passage 39 des transcriptions on lit : « Elle avait 11 ans lorsqu’elle commença à brûler d’une grande dévotion pour le corps du Seigneur… Elle voulait devenir béguine le plus vite possible afin de pouvoir communiquer plus souvent » (p.31). A Vienne, elle vivait avec une autre béguine, jouissant cependant de sa propre autonomie d’habitat. Elle disposait également d’un oratoire où elle priait l’office lorsqu’elle ne pouvait pas le faire avec les frères franciscains. En fait, elle était très proche du monde franciscain, à tel point qu’on pourrait penser qu’elle en était également membre du troisième ordre.Concentrée sur l’Eucharistie, Agnès passait de nombreuses heures de sa journée à assister successivement aux célébrations eucharistiques dans trois églises différentes de Vienne. Grâce à sa figure et à la transcription de ses « notes », nous sommes certaines d’une présence béguinale également à Vienne.
Errata corrige août 2024: Cliquez ici pour lire l’introduction de Tanya Stabler Miller à la traduction en anglais du roman d’ Aline Kiner « La nuit des béguines »
The CIPO is born (October 2024)
Le CIPO – Centre d’interprétation du proto-béguinisme d’Oignies – a été officiellement inauguré le 23 août 2024 et Graham Keen n’a pas manqué le rendez-vous. Grâce à lui et à ses contacts nous avons des reportages et des photos. La gestation du CIPO a pris du temps. Tout a commencé en 2017 avec une proposition de Rita Fenendael destinée aux paroissien(ne)s d’Oignies et à ceux qui étaient prêts à se dépenser pour récupérer le patrimoine artistique et religieux du Prieuré d’Oignies. Au fil du temps, le projet a impliqué de nombreux partenaires, notamment institutionnels, comme le montre le dépliant, Chacun d’eux a apporté sa précieuse contribution, tant en termes de rénovation de l’église, de présentation du patrimoine artistique, que d’information sur le proto-béguinisme dont le point de départ est situé ici. Cette information est précisément la mission du CIPO qui se compose actuellement d’une dizaine de bénévoles. L’espace d’information a été aménagé dans la première partie de la nef centrale de l’église rénovée. Il comprend une quarantaine de panneaux, diverses vidéos et autres supports papier. La célébrité de ce lieu repose sur le fait que la première béguine historiquement confirmée est venue vivre ici en recluse pendant les 6 dernières années de sa courte vie (1177-1213) : Marie, qui sera plus tard identifiée sous le nom de Marie d ‘Oignies, bien que née à Nivelles. Cliquez ici pour la découvrir. Son héritage spirituel éclaire la première phase de la vie du mouvement béguinal et de ses vibrantes protagonistes. Un aspect très émouvant de cette histoire est l’épigone terrestre de la profonde amitié spirituelle qui unissait Marie à Jacques de Vitry, son hagiographe et grand défenseur du mouvement béguinal : leurs restes sont réunis dans l’église et là projetés dans l’éternité.
Le CIPO est ouvert tous les jours de 10h à 17h et peut être contacté à ce numéro : 00 32 69 452 654 ou ce courriel : contact@cipo.be
Pour suivre le projet, voir la page Facebook du CIPO Oignies :https://www.facebook.com/profile.php?id=100082142693055&locale=fr_FR
Nos plus sincères félicitations avec des vœux fervents de toucher un grand nombre de personnes et de faire naître des projets vivants.
Happy birthday to Saint Amand beguinage (September 2024)
Il fête ses 150 ans ! Et cependant, il est le plus jeune des béguinages historiques. Son histoire est mouvementée. Le béguinage du Mont Saint-Amand remplace celui de Sainte Elisabeth, fondé en 1234. En 1872, la décision du conseil municipal contraint celui-ci à évacuer les lieux. Ainsi, le 29 septembre 1874, les 300 dernières béguines, accompagnées d’une foule nombreuse, furent conduites en cortège par une centaine de carrosses de dames de la haute société et leurs équipages jusqu’à la nouvelle demeure du Mont Saint-Amand. Le comte Engelbert d’Arenberg avait acheté un grand terrain de 8 hectares à la sortie de la ville de Gand, sur le Sint-Amandsberg, pour y construire un nouveau béguinage: 80 maisons, 14 couvents, (maisons communautaires), une infirmerie avec chapelle, la grande maison pour la Grande Dame et l’église. La première pierre du nouveau béguinage fut posée en mai 1873, celle de l’église le 29 septembre 1873 et exactement un an plus tard, 600 béguines et 100 autres femmes (mères, sœurs, nièces et servantes) s’installèrent dans ce grand site, entouré d’un mur d’enceinte de 1.070 mètres, avec 2 portes d’entrée, 8 rues intérieures et divers prés. À partir de 1930, le nombre de béguines commença à décliner fortement: 75 en 1965, 45 en 1972, pas plus que 10 en 1987, et plus aucune de nos jours. Mais le béguinage a gardé une destination non-lucrative. Les associations qui souhaitent s’installer dans les couvents doivent avoir un but social et culturel. Bon anniversaire à notre béguinage si bien portant.
Pour le programme de la journée du 29 septembre et les activités connexes:
https://grootbegijnhof.wixsite.com/home/activiteiten
Pour une éventuelle visite guidée : Cécile Vanooteghem <cecile.vanooteghem@gmail.com> ou Graham Keen <grahamfranciskeen@gmail.com>
Pour plonger dans l’ambiance: https://www.youtube.com/watch?v=v73rVerd2xY la belle vidéo réalisée par Catherine Boone, avec musique de YouTube Creator List.
A l’occasion des journées européennes du Patrimoine qui auront lieu les 21 & 22 septembre 2024, l’association Mémoires d’elles, qui œuvre à faire connaitre et reconnaitre les béguines de Provence, animera un stand lors du marché des Abbayes à l‘Abbaye du Thoronet (Var). Une belle occasion pour découvrir Douceline, première béguine de Provence et l’ensemble des activités de l’association implantée au cœur de la Sainte Baume : conférences, marches méditatives, soins d’onction et ateliers olfactifs. Plus d’informations : https://association-memoires-delles.webnode.fr/stages-conferences-et-salons-2024/
Beguines in the literature (August 2024)
Suivant une indication de Milena Garavaglia, j’ai découvert le roman historique Io, Partenope de Sebastiano Vassalli, Ed. Rizzoli, 2015. Le livre, écrit Milena, « décrit la vie de Sœur Giulia, béguine – tertiaire franciscaine, religieuse de rue dans la région napolitaine de 1600 qui avait fondé une communauté de prière à laquelle avaient adhéré de nombreuses personnes, laïcs et religieux. Sœur Giulia (dite Partenope) sera jugée par le Tribunal de l’Inquisition et se sauvera du bûcher en se rétractant« . Un grand merci à Milena pour cette mention utile, encore plus en cette période de congés, propice à la lecture.
J’en profite alors pour ajouter quelques autres titres littéraires qui ont des béguines parmi leurs personnages ou dans leur titre: Les très belles heures de mademoiselle Symphorose, béguine de Félix Timmermans, traduit pour la première fois en français en 1923, maintenant disponible chez Erik Tonen Book 2002, qui raconte l’histoire d’une béguine tombée amoureuse. Rappelons aussi le roman de Jean-Claude Bologne, Le dit des béguines(Denoël, 1993), ainsi que le recueil de nouvelles de Georges Rodenbach, Musée des béguines, 1894, reédité en 2024 par Séguier.
Dans Le rempart des béguines de Françoise Mallet-Joris (Julliard, 1951), la référence aux béguines tient uniquement au nom de la rue où se l’histoire se déroule .
Une mention spéciale va au magnifique roman historique d’Aline Kiner, La nuit des béguines, plus d’une fois évoqué ici. Déjà disponible in italien, il est à présent disponible aussi en anglais. Cetteexcellente nouvelle m’a été communiquée par Susan Emanuel qui en a été la traductrice et a collaboré avec l’historienne Tanya Stabler Miller auteure de The Beguines of Medieval Paris. Gender, Patronage, and Spiritual Authority. Tanya avait rédigé une introduction, malheureusement non incluse dans la publication finale, mais ici disponible: Introduction by Tanya Stabler
Cependant, à mon avis, le livre présente une terrible faille. Par décision de l’éditeur, le titre est le même que celui du livre de Marguerite Porete, Le miroir des âmes simples, The mirror of simple souls, ce qui est vraiment déroutant. Vous pouvez le retrouver via ce lien https://pushkinpress.com/?s=The+Mirror+of+Simple+Souls. L’excellente traduction de Susan offrira certainement à un public anglophone la magie de ce qui s’est passé dans le Grand Béguinage de Paris et environs au moment de la condamnation de Marguerite Porete (+1310).
Encounter Melissa Febos (July 2024)
En juillet 2022, j’ai eu une surprise toute particulière. Melissa Febos, écrivaine américaine déjà célèbre et professeure à l’Université de l’Iowa Melissa Febos m’a contactée pour avoir des informations sur les béguines et en particulier sur leur engagement de chasteté. Melissa était en train d’étudier des formes de chasteté choisies par les femmes dans l’histoire et avait ainsi retrouvé les béguines.
Pour approfondir cette investigation et récolter des informations, elle envisageait un voyage en Europe du Nord afin d’avoir une approche plus directe de leurs traces. Nous avons donc décidé d’organiser une rencontre en ligne que vous pouvez voir à cette adresse https://www.youtube.com/watch?v=dI94uYv-5KU Le titre de la vidéo est Celibacy and chastity in the Beguines’ style of life (Célibat et chasteté dans le style de vie des béguines). Plus tard, j’ai reçu un long article, issu de son expérience et de ses réflexions. Melissa et le magazine de voyage AFAR l’ont gentiment partagé en vue de sa diffusion aux membres de la Beguines Newsletter. Vous pouvez le retrouver en suivant ce lien :https://www.afar.com/magazine/at-beguinages-in-belgium-finding-history-feminism-and-freedom. Cet article, non seulement nous emmène dans les béguinages que Melissa a visités, mais il relie aussi les choix de vie de l’auteure aux valeurs qu’elle reconnaît chez les béguines : indépendance, créativité, service et amour. Et il décrit avec sincérité desmoments de sa vie amoureuse, dont la chasteté aussi a fait aussi partie, laissant apparaître la recherche et la maturation pour vivre et ne pas cesser de vouloir construire un amour profond.
The Beguines Synod in Bologna (June 2024)
MALHEUREUSEMENT LE SYNODE A ÉTÉ ANNULÉ
Une forte inspiration suscite naturellement une initiative. C’est bien ce qui s’est passé avec le Premier Synode des Béguines. Après avoir officiellement exprimé son choix de béguine, qu’elle avait cultivé depuis plusieurs années, Simonetta Pirazzini a estimé que son engagement devait conduire à une meilleure connaissance et à une coordination plus intense parmi les femmes qui trouvent dans les béguines une source d’inspiration et parfois même d’identification pour leurs choix de vie. Avec l’aide de quelques amies, Simonetta a créé le Comité LA VIA DELLE BEGHINE (La voie des béguines) et a lancé l’initiative du Synode des Béguines. Ce Synode européen se tiendra à Bologne du vendredi 6 au dimanche 8 septembre. Différentes options de participation sont indiquées dans le formulaire d’inscription.
Le mot synode signifie marcher ensemble et pour cette raison nous avons besoin de nous connaître, de comparer nos pratiques et de trouver des convergences pour la croissance du mouvement béguinal moderne. Samedi matin, grâce aux interventions d’Adriana Valerio, Brita Lieb et Francesca Barresi, les béguines historiques et modernes seront présentées et, parmi ces dernières, une en particulier : Romana Guarnieri qui a identifié Marguerite Porete comme l’auteure du Miroir. Puis, dans l’après-midi, il y aura des ateliers sur des questions importantes liées au développement du mouvement béguinal. Vous êtes toutes chaleureusement invitées à participer à ce premier Synode multilingue dont vous trouverez le programme et les modalités d’inscription sur le formulaire disponible sur https://forms.gle/de9Ak3XfarrSHMpP7 . L’inscription devrait être renvoyée de préférence avant le 30 juin. Elle sera confirmée après versement de 20,00 € sur le compte bancaire IBAN IT20Y0707202409000000744211 enregistré au nom de La Via delle Beghinechez Emilbanca . Pour contacts et informations, écrivez à: sostareallapresenza@gmail.com
Parcourons ensemble La voie des Béguines.
A new Beghard in Belgium (May 2024)

Signe des temps ou simple fait divers? En tous les cas la décision de Louis C. de faire sa profession de Bogart (qu’il préfère à Bégard) le 28 mai prochain devant une autorité ecclésiastique ne sera pas la seule première à laquelle nous assisterons à l’avenir. Le monde béguinal offre en effet la possibilité d’un engagement laïc spirituel et religieux soutenu sous l’enseigne d’une liberté de recherche personnelle tout autant marquée.
Aujourd’hui Louis a 36 ans et vit à Bruxelles. Il est né en Afrique et il est le cinquième de six enfants d’une famille très originale du fait des trois différentes confessions chrétiennes différentes présentes dans sa famille: catholique, évangélique et anglicane (mère, père, grand-père paternel). il a donc baigné dans l’œcuménisme dès sa plus tendre enfance. Tous les dimanches, les trois cultes étaient honorés par la participation aux trois services religieux des trois différentes Églises. Pas de surprise donc que la question vocationnelle ait été au cœur de son histoire. La surprise vient de son choix final, mûri après moult exercices spirituels, visites à divers monastères et accompagnements spirituels, en particulier au sein de la famille dominicaine, traditionnellement proche du monde béguinal. À cela aura finalement à cela aura contribué aussi sa profession dans la branche alimentaire, orientée vers la fermentation, ce qui l’a porté au cœur du brassage des bières dont il est devenu un artisan créatif. Actuellement il est en train de mettre au point une nouvelle bière, son gagne-pain mais aussi son lien symbolique à la production monastique de la grande traditionbrassicole dans l’Europe du Nord et de la Belgique tout particulièrement. « Gaulois noir », comme il aime se définir, il ne pourrait pas vivre ailleurs qu’en Belgique. Et comme un ami prêtre lui aurait un jour dit « tu aurais fait un magnifique Bogart« , voilà que ce cette exclamation a trouvé son chemin: Louis fera sa profession en adoptant sa propre « Charte » d’engagement. Un autre engagement qu’il a fait clairement sien est l’appel du pape François à « aller dans les périphéries » à la rencontre de ceux et celles qui en bavent pour leur survie, ceux et celles dont le monde béguinal n’a cessé de s’occuper tout au long de ses huit siècles d’existence.
Tous nos meilleurs vœux à toi, cher Louis, pour cet engagement qui va certainement « fermenter » ta vie, mais aussi la nôtre et celle des personnes que tu vas rencontrer.
Pour lui envoyer un message: Louis C. <l.c.l@mail.ch>
La charte du Bogard Louis
La vocation de Bogard consiste à vivre au cœur du monde par la prière et le travail sanctifié avec l’évangile comme seule règle de vie au service d’une vie religieuse individuelle.mL’absence de domicile commune implique des habitations proches, autour d’une paroisse où chaque Bogard s’y engage en fonction de ses disponibilités dans un esprit solidaire.
Le Bogard professe la promesse d’aimer Dieu de tout son être et de se livrer totalement à Lui. Il promet la probité et la soumission à Dieu.
Beguines’ Remembrance Day (April 2024)

Diverses personnes voudraient que le 14 avril soit institué comme Journée en mémoire des béguines. Parmi elles nous trouvons Debby Van Linden(https://begijnhovenqueeste.wordpress.com) qui a ouvert depuis 2015 une page Facebook en néerlandais et anglais que vous pouvez visiter et suivre en cliquanthttps://www.facebook.com/profile.php?id=100064861351590
Pour contact: begijnhovenqueeste@gmail.com
Le 14 avril 2013 est en effet la date du décès de la dernière béguine historique au monde, Marcella Patijn, dont Dominique Costermans a tracé le suivant portrait paru dans la revue L’appel en juin 2022: https://beguines.info/wp-content/uploads/2017/08/Appel-2022.pdf
“La vie toute simple de Marcella Pattyn n’aurait pas retenu l’attention des encyclopédistes si elle n’avait été la dernière béguine au monde. Née au Congo belge en 1920, sa cécité contraria sa vocation de religieuse missionnaire. C’est suite au don d’une de ses tantes au béguinage de Gand qu’elle a pu intégrer le béguinage de Saint-Amand en 1941. Vingt ans plus tard, elle le quitte pour celui de Courtrai où elle a vécu une vie de service et de prière, s’adonnant au tricot, au tissage, pratiquant l’orgue, le piano et l’accordéon. À quatre-vingt- sept ans, elle part en maison de retraite, toujours à Courtrai. Elle y décède en 2013, à l’âge de nonante-deux ans. « Désormais, écrit le célèbre magazine anglais The Economist, dans ce trésor caché au cœur des villes flamandes que sont les béguinages, les femmes voilées qu’on voit se rendre à la messe, ou attacher des roses trémières à leurs sombres habits et à leurs guimpes blanches, ne sont plus que fantômes. » ■
Nous ne vous oublierons pas.
A very active spring (March 2024)
De nombreuses activités nous attendent au printemps prochain. La saison a certainement contribué à l’éveil de nos énergies. Voici les informations que j’ai reçues.
Le Giardino delle beghine de Mantoue nous offre différents moments de partage autour du beau thème « prier en tant que femme » dans le but de donner « une dénomination féminine à sa pensée, sa croyance, sa prière ». Dans l’affiche disponible ici reprise, vous trouverez toutes les informations sur les événements du 16 mars et du 25 mai qui auront lieu à Mantoue, Les enregistrements des premières rencontres sont disponibles sur la chaîne YouTube du Giardino delle beghine. www.nelgiardinodellebeghine.it
De l’Italie à l’Allemagne : la Dachverband-der-beginen propose son Beginen reise annuel, du 29 avril au 2 mai, à destination de la Hollande et de la Belgique. Les béguinages suivants seront visités : Breda, Hoogstraten, Louvain, Aareschot, Bruges et Turnhout. Les visites seront accompagnées par des personnes expertes. Pour informations, contacts et inscriptions, veuillez contacter brigitte.lambsheim@web.de
https://www.dachverband-der-beginen.de/beginenprojekte
ATTENTION : clôture des inscriptions le 15 mars.
Passons maintenant à la France. Le Béguinage de Saint Martin du Lacpropose les 6 et 7 avril un séminaire animé par Rita Fenendael isur le thème « Les béguines. hier et aujourd’hui ». Dans le folder du séminaire vous trouverez de nombreuses informations utiles : la présentation de la Béguine Rita, le programme, l’itinéraire, les coûts et encore. Encore une fois attention car les inscriptions doivent arriver avant le 28 mars, en envoyant le formulaire d’inscription à l’adresse suivante : Béguinage St.Martin du Lac <beguinage.71110@gmail.com>
Meilleurs vœux pour toutes ces initiatives importantes.
Et meilleurs vœux à toutes pour notre fête du 8 mars… Toujours de l’avant !
Sylvain Piron & Christina (February 2023)
Dommage que le livre de Sylvain Piron /Thomas de Cantimpré, avec la collaborazione d’Armelle Le Huërou Christine l’Admirable. Vie, chants et merveilles (éd. Vues de l’esprit, Bruxelles, 2021) existe uniquement en français et en italien. Pour l’édition italienne cliquez surhttps://ed.bibliotecafrancescana.it/prodotto/vita-di-cristina-lammirabile/?v=78533df0a516 Cet ouvrage est en effet un précieux récit de la vie de cette impressionnante béguine qui, entre fascination et terreur, a subjugué les personnes qui l’ont rencontrée de son vivant (ca1160-1224) au point de recevoir l’appellatif d’Admirable. Pour une brève biographie d’elle cliquez sur https://beguines.info/?page_id=2132 En se basant sur la comparaison des 17 manuscrits complets en latin de la Vita Beate Cristine, c’est-à-dire le texte écrit par le dominicain Thomas de Cantimpré, le médiéviste Sylvain Piron, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (Paris), tente, en tant qu’homme de raisonnement qu’il est, de trouver une ligne de démarcation entre l’expérience réelle de laBienheureuse et les constructions imaginaires qui ornent chaque phénomène prodigieux. Et les prodiges dans la vie de Cristina sont nombreux : à commencer par son premier retour d’entre les morts, voler sur les branches des arbres, se mettre dans des fours brûlants ou rester pendant des jours dans l’eau glacée de la rivière. Sylvain Piron la qualifie de « professionnelle de l’au-delà » et revendique le droit à une branche derecherche qu’il qualifie de « science sociale des pratiques de l’invisible« . En effet, de quel droit l’invisible devrai-il être qualifié d’irréel ? Nous nous trouvons en parfaite harmonie avec cette ligne de recherche et nous espérons qu’elle débouchera sur de nombreuses réalisations.
Pour les personnes qui ne peuvent accéder au livre (en français ou en italien) j’ai préparé un texte en anglais dans lequel j’ai rassemblé celles qui m’ont paru être les idées les plus intéressantes du livre de Sylvain Piron. Vous retrouverez mon texte Christine the Astonishing by Silvain & Silvana, en cliquant sur https://beguines.info/wp-content/uploads/2017/08/Christina-the-Astonishing-by-SylvainSilvana.pdf
It’s time for greetings and gifts (January 2024)
Ce message vous arrive dans les premiers jours de 2024 parce que je voulais souhaiter à chaque personne qui me lit d’accueillir cette nouvelle année avec la confiance et l’espoir renouvelés que Noël nous apporte car il nous rappelle que le mal n’aura pas le dernier mot. C’est le moment des vœux, mais aussi des cadeaux. Dans mon expérience d’enfant, les cadeaux étaient apportés par la Befana, une bonne sorcière, qui, volant sur son balai partout dans le monde, laissait un cadeau et remplissait de friandises la chaussette accroché à la cheminée. Alors, moi aussi j’aimerais vous offrir quelques cadeaux béguinaux, un pour chaque langue, en espérant qu’ils seront appréciés. Je m’excuse auprès des béguines allemandes car je n’ai pas trouvé de cadeau dans leur langue, mais j’espère qu’elles pourront profiter de la langue anglaise.
En italien vous trouverez une brève présentation de 26 minutes sur l’identité des béguines historiques. Elle a été réalisée via zoom à l’occasion de la première rencontre qui s’est tenue le 10 juin 2023 à Mantoue dans Il giardino delle beghine sur le thème « être béguine aujourd’hui ». Ma présentation répondait à la question: quels aspects définissaient l’identité des béguines historiques. https://youtu.be/yB95Y5ceq1E
En français vous pouvez écouter le tout récent podcast de 30 minutes Béguinages, Solidarités, Pèlerinages, de l’émission diffusée le 17 décembre 2023 sur le canal 1 de la radio – télévision suisse. Le journaliste Matthieu Wirz a rencontré les béguines du béguinage de St Martin du Lac, en Bourgogne du sud, et a réalisé un reportage inspirant à partir de leur quotidien. En conclusion, il a aussi un bref commentaire de de ma part.
https://www.rts.ch/audio-podcast/2023/audio/beguinage-solidarite-pelerinage-27460004.html?id=27460001
En anglais, grâce à Graham qui me l’a transmis, nous pouvons écouter le podcast d’environ une heure que la BBC (radio Four) a consacré à Julian de Norwich, interviewant de nombreuses personnes spécialistes de cette recluse. Personnellement, je la considère comme faisant partie du mouvement béguinal pour son mysticisme christocentrique à l’empreinte maternelle et familiale, marqué par un optimisme que le siècle de malheurs dans lequel elle a vécu n’a certainement pas encouragé.
https://www.bbc.co.uk/programmes/m001rgs4
Je voudrais également vous faire savoir que à Parma, à l’initiative du Teatro Europa, dans le cadre de l’initiative Femmes occidentales. Amoureuses et guerrières – Regards sur le mysticisme féminin seront présentées Julian of Norwich (3-4 février) Mechthild von Magdeburg (9-11 février) e Hildegard von Bingen (23-24 février)
Pour information : https://www.europateatri.it/stagione-serale-2/, europateatri.pr@gmail.com ou 00 39 0521243377